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     DĂ©cĂšs de Madame Estefania IRASTORZA     

 

Estefania nous a quittés; c'était l'une de nos trois marraines d'Oroitza.


Passionnée de l'histoire de Hendaye, elle avait participé à de nombreuses animations de notre association.


Toujours volontaire pour ĂȘtre l'une des Grandes TĂ©moins de l'Histoire de notre ville, passionnante dans l'expression de ses tĂ©moignages, elle restera pour notre association une pionniĂšre.

 

Ses obsÚques religieuses ont été célébrées le mercredi 31 octobre 2018, en l'église Sainte Anne d'Hendaye.

 

      EtĂ© 1936 : Hendaye solidaire      

      Quand 13000 rĂ©fugiĂ©s franchissent la Bidassoa      


Un moment fort. Avant-hier Ă  la salle Mendi Zolan de Hendaye, Oroitza, le Cercle de recherches sur l’histoire de Hendaye, avait organisĂ© un forum intitulĂ© “L’étĂ© 1936, Irun et les rĂ©fugiĂ©s dans la mĂ©moire des Hendayais”. La salle comble et attentive a Ă©coutĂ© les interventions d’un psychologue et d’un historien (voir encadrĂ© p. 3). Il y a eu des vers du bertsolari Ezkurra lancĂ©s par une fille de rĂ©fugiĂ©s, Pepita Setien. Et la voix frissonnante de Maryse RouĂ© interprĂ©tant le Chant des mineurs asturiens. Puis trĂšs vite les tĂ©moignages divers ont fusĂ© faisant apparaĂźtre le formidable Ă©lan de solidaritĂ© de toute une ville, pour celles et ceux qui fuyaient les bombes et la mort. Et la vie qui continuait avec ses prises de conscience, ses Ă©veils, ses joies.

 

Extraits :

 

27/01/2012

BĂ©atrice MOLLE

 

 

Philippe Oyhamburu, fondateur des ballets et chƓurs basques Etorki : “En 1936, j’ai 15 ans, mes parents ont divorcĂ© et l’on nous envoie avec ma sƓur ThĂ©rĂšse en vacances Ă  Hendaye chez tonton Augustin qui possĂ©dait l’hĂŽtel Central et dirigeait la chorale paroissiale. A 15 ans, j’étais Ă©lĂšve au lycĂ©e Janson de Sailly Ă  Paris, mon pĂšre Ă©tait un ouvrier qui avait rĂ©ussi, il Ă©tait de droite et j’étais forcĂ©ment comme lui. A cette Ă©poque, les lycĂ©es et les universitĂ©s Ă©taient Ă  droite. J’avais plusieurs sources d’inspiration : l’hĂ©roĂŻsme, la guerre, les batailles, mon rĂȘve Ă©tait de faire Saint-Cyr et de devenir officier, la politique aussi me passionnait. Tout Ă  coup, la guerre n’était plus dans les bouquins, mais Ă  cĂŽtĂ©. Je me rappelle d’un petit rĂ©fugiĂ© de Hondarribia aux yeux verts, je lui ai demandĂ© (je ne savais pas encore le basque Ă  l’époque) : “TĂș eres español ?” (Tu es espagnol ?), il m’a rĂ©pondu “No, soy vasco, como tĂș !” ( Non, je suis basque, comme toi !). Il y a toute une superposition d’images contradictoires et de souvenirs comme les rĂ©cits d’un jeune Navarrais qui nous disait comment les franquistes tiraient sur les rouges. Cela m’a refroidi de mon franquisme. Car ce n’était pas seulement la guerre d’Espagne, c’était la guerre d’Euskadi. Je me rappelle aussi avoir dansĂ© un fandango au casino avec un jeune communiste, M. RiviĂšre, sur l’air d’España de Chabrier (le jeune homme sera dĂ©portĂ© quelques annĂ©es plus tard). Et d’un congrĂšs du PCF Ă  Hendaye Plage qui s’était conclu par la Marseillaise et le Gernikako Arbola ! Les vacances de 1936 n’ont pas rĂ©ussi complĂštement Ă  me transformer, mais Hendaye fut le premier dĂ©chirement dans ma vie. Et comment j’ai pu passer de patriote français Ă  patriote basque. En 1939, je prĂ©parais Saint-Cyr, nous Ă©tions un groupe qui portait sur notre calot “Gora Euskadi askatuta !”


Philippe Oyhamburu ne sera pas militaire. Il apprendra le basque quelques années plus tard, fondera Etorki et deviendra libertaire.


Dolo Dicharry : “Il y avait des balles perdues, une est arrivĂ©e Ă  Txomin Enea, notre domicile. C’était l’exode, il y avait des matelas dans les couloirs, des blessĂ©s Ă  qui l’on apportait du cafĂ©. Chez moi, il y avait beaucoup de monde et des matelas partout. Je me rappelle que le maire avait voulu supprimer le bal hebdomadaire par respect, mais les rĂ©fugiĂ©s n’ont pas voulu.”
 

Jaime RodrĂ­guez SalĂ­s : “Je suis originaire d’Irun, nous Ă©tions une famille de cinq enfants, ma mĂšre Ă©tait la sƓur du maire rĂ©publicain d’Irun. J’ai aujourd’hui 85 ans, c’est la premiĂšre fois que j’ai l’occasion de dire merci aux Hendayais qui nous ont trĂšs bien accueillis et donnĂ© Ă  manger. Nous, les enfants, nous allions Ă  la plage et nous nous en foutions de savoir ce qui se passait dans la montagne !”
 

AngĂšle Peyrelongue : “Ma mĂšre est morte le 7 dĂ©cembre 1936, j’avais sept ans. Mon pĂšre Ă©tait veuf avec trois enfants. A l’époque, Hendaye s’identifiait par quartier. Moi, j’étais de la gare et j’ai une image en tĂȘte : tous les jours, les chefs de familles de Hendaye se dirigeaient vers la gare oĂč les rĂ©fugiĂ©s se massaient. Les Hendayais se rendaient lĂ , et mĂȘme s’il y a eu parfois des remarques dĂ©sobligeantes, il y avait un dialogue et chaque famille amenait quelqu’un chez lui. Beaucoup de gens pleuraient, mon pĂšre disait : ‘Il faut partager, ils en ont moins que nous’. La guerre de 1939 est intervenue, mon pĂšre a Ă©tĂ© mobilisĂ©. On se demande pourquoi avec trois enfants Ă  charge ! Un rĂ©publicain espagnol que nous avions logĂ© qui Ă©tait commis en douane s’est mis Ă  travailler en plus au noir : il coiffait et restaurait des chaises pour nous aider. Il a Ă©tĂ© dĂ©noncĂ© par deux Espagnols et amenĂ© au camp de Gurs. Lors d’une permission, mon pĂšre nous a amenĂ©s Ă  Gurs en taxi et a demandĂ© Ă  voir un officier en lui disant : ‘Cet homme que l’on a enfermĂ© ici s’est vu obligĂ© de travailler pour nourrir mes enfants. Il faut le libĂ©rer’. Mais cela n’a pas Ă©tĂ© possible. On l’a extradĂ©, puis il est revenu Ă  Irun et il est mort trĂšs vite. VoilĂ , je ne voulais pas en parler ce soir, mais je lui dois bien ça Ă  Ignacio SĂĄnchez.”


Antoinette Irastorza : “J’avais 11 ans je portais le lait en carriole avant d’aller Ă  l’école. J’ai vu Fontarrabie en flammes, je me suis mise Ă  pleurer. Peu aprĂšs, ma sƓur m’a dit ‘Tu es en retard Ă  l’école !’ ‘Non, je n’irai pas Ă  l’école aujourd’hui ! C’est trop grave’, lui ai-je rĂ©pondu. Nous avions deux rĂ©fugiĂ©s Ă  la ferme, l’un d’entre eux, quand il entendait les avions rĂ©publicains, il criait ‘Viva la RepĂșblica !’”
 

Iñaki : “Vous parlez toujours des rouges : moi, je suis basque et rĂ©publicain, les fascistes m’ont foutu la vie en l’air. Par dignitĂ©, je ne suis jamais retournĂ© dans l’Espagne franquiste.”
 

RaphaĂ«l Lassallette, ancien maire de Hendaye : “Je rapporte simplement ce que m’ont dit mes parents. Je suis nĂ© le 4 aoĂ»t 1936 Ă  la rue des RĂ©servoirs, rue que je n’ai jamais quittĂ©e et oĂč j’espĂšre bien mourir. Cette nuit du 4 aoĂ»t 1936, deux naissances Ă©taient imminentes : la mienne et celle de Jacqueline Artola. Nous Ă©tions sĂ©parĂ©s par 100 mĂštres de distance. La sage-femme Mme Costedoat faisait des allers-retours entre les deux domiciles. Ces allĂ©es et venues, elle les faisait en pleine guerre d’Espagne, en pleine guerre d’Irun. Quelques balles perdues atterrissaient rue des RĂ©servoirs. Un matelas protecteur avait Ă©tĂ© mis Ă  disposition par les familles pour protĂ©ger les allĂ©es et venues de la sage-femme. Nous sommes nĂ©s Jacqueline et moi. Et toujours vivants.”
 

Ramuntxo Sagarzazu : “Mon grand-pĂšre Ă©tait chauffeur de taxi, il avait Ă©tĂ© ‘loué’ par des journalistes qui couvraient la guerre. Il me racontait qu’il avait mis des matelas sur le taxi, dont la position changeait selon la direction qu’ils prenaient.”
 

Marie-JosĂ© Basurco, Ă©crivaine : “J’ai Ă©crit deux romans sur ce thĂšme. Dans ma famille, le cousin germain de mon pĂšre Ă©tait condamnĂ© Ă  mort. A Saint-Jean-de-Luz, il n’y a pas eu le mĂȘme accueil qu’à Hendaye. Le cousin de mon pĂšre avait un passeport apatride, il n’est jamais revenu Ă  Donostia, il est mort Ă  Caracas. Mon pĂšre s’est engagĂ© pour la France, il a fait le dĂ©barquement de Sicile et d’autres batailles. Il a refusĂ© les dĂ©corations et les mĂ©dailles parce que la France avait trahi sa parole et les promesses faites au lehendakari JosĂ© Antonio Agirre. Je voudrais que l’on se rappelle de tous ces enfants emmenĂ©s en Russie et en Angleterre qui ne sont jamais revenus. Et je voudrais rendre hommage au PNV (Parti nationaliste basque) et aux gudari, dont le commandant Lezo qui organisa le blocus de Bilbo et qui a rĂ©sistĂ© pendant six mois. Des gudari, trahis par les AlliĂ©s. On a laissĂ© l’Espagne franquiste prospĂ©rer, Franco est mort dans son lit. En 1959, d’autres gudari ont repris le flambeau et luttĂ© contre le franquisme”.


 

 

 

 

 


       Le prĂ©sident d’Oroitza, Marcel Argoyti,       

       reçoit la mĂ©daille de la ville       


Le prĂ©sident d’Oroitza, Marcel Argoyti, a reçu hier des mains du maire de Hendaye, Battit Sallaberry, la mĂ©daille de la ville. Le conseiller gĂ©nĂ©ral Kotte Ecenarro, lui-mĂȘme fils de rĂ©fugiĂ©s venus d’Eibar, assistait Ă©galement au forum. “C’est un enfant de 16 ans qui vous parle des balles perdues qui arrosaient Hendaye. Je sais qu’au-delĂ  de moi, c’est toute une Ă©quipe que vous avez voulu reconnaĂźtre et encourager. Oroitza va donner Ă  Hendaye un visage qu’elle n’avait pas”, a dĂ©clarĂ© Marcel Argoyti. Par ailleurs, le maire a soulignĂ© que le travail d’Oroitza mettait en exergue “les valeurs d’accueil, de solidaritĂ© et de partage. Les Hendayais ont ouvert leurs portes. Dans une perspective d’avenir, c’est un exemple Ă  suivre”.


Oroitza souhaite que ce forum soit le dĂ©but d’une “aventure intellectuelle” et s’apprĂȘte Ă  lancer une Ă©tude basĂ©e sur l’exploitation d’un questionnaire anonyme renseignĂ© par 400 habitants de Hendaye. “Il en rĂ©sultera une photographie de la connaissance d’une pĂ©riode critique, une possibilitĂ© d’en Ă©valuer les Ă©carts par rapport Ă  la rĂ©alitĂ© et une possibilitĂ© d’estimation des impacts sur le dĂ©veloppement local de tels Ă©vĂ©nements”, explique Oroitza, qui a proposĂ© au laboratoire de psychologie sociale de l’universitĂ© du Pays Basque Ă  Donostia d’apporter sa contribution. L’intĂ©rĂȘt du sujet a amenĂ© l’universitĂ© de Provence Ă  s’y associer.


Hier, le psychologue Dario PĂĄez Rovira a rappelĂ© l’importance de la mĂ©moire collective : “Des souvenirs qui dĂ©pendent de la distance temporelle par rapport Ă  l’évĂ©nement, du contenu de la transmission intergĂ©nĂ©rationnelle et de l’influence exercĂ©e par le groupe d’appartenance”. Pedro SĂĄnchez Blanco est intervenu pour la partie historique.

 

          ABBADIA accueille OROITZA          

 

 

 

 

 

 

 

Communiqué

 

Le 8 octobre en fin de matinĂ©e, une nombreuse assistance a assistĂ© au lancement du site Internet d’Oroitza. Dans la salle de l’Observatoire du ChĂąteau ABBADIA, on reconnaissait Madame ALLIOT-MARIE, ancien Ministre d’Etat et DĂ©putĂ©e, Kotte ECENARRO, Vice-PrĂ©sident de Conseil GĂ©nĂ©ral, Monsieur Jean-Baptiste SALLABERRY Maire de Hendaye entourĂ© de ses adjoints aux travaux et Ă  la culture, ainsi que Madame Germaine HACALA, premiĂšre-adjointe d’Urrugne. De nombreux amis d’outre Bidassoa avaient tenu, par leur prĂ©sence, Ă  marquer leur volontĂ© de collaboration avec le Cercle de Recherche sur l’histoire de Hendaye.


Les autorités


BaignĂ©s par l’esprit d’Antoine d’ABBADIE, Ă  la fois innovateur et respectueux de ses racines basques, fortement ressenti en ce lieu magique, les protagonistes ont eu Ă  cƓur d’exprimer leur attachement Ă  l’histoire locale.

AprĂšs les discours des personnalitĂ©s soulignant l’intĂ©rĂȘt pour le citoyen de connaĂźtre ses racines et de maĂźtriser le continuum entre le passĂ© et l’avenir, la prĂ©sentation d’une rĂ©flexion sur l’histoire de l’histoire locale et de son intĂ©rĂȘt et l’interprĂ©tation d’une crĂ©ation de la chorale ENTZUN pour l’occasion, est arrivĂ© le moment attendu par les membres d’OROITZA.


Le public a suivi, sur un grand Ă©cran, le ballet des doigts des marraines de l’opĂ©ration Mesdames IRAZTORZA, FAGET, DICHARRY, sur le clavier de l’ordinateur de service, composant l’adresse Ă©lectronique :

www.oroitza-histoire-d-hendaye.fr

 

 

Les  marraines du site

 

Le geste dĂ©cidĂ© sur la touche « entrer » de Monsieur Jean-Baptiste SALLABERRY, a ouvert la page d’accueil du site, scellant ainsi l’alliance entre la Micro-histoire, Hendaye et les technologies de l’information et de la communication. Il ne restait plus Ă  Nicole BUTORI le webmaster et au GĂ©nĂ©ral Alain BUTORI, le concepteur du site, qu'Ă  prĂ©senter les fonctionnalitĂ©s et le contenu.


Pierre THILLAUD, au nom de Marcel ARGOYTI, PrĂ©sident et initiateur d’OROITZA, lĂ©gĂšrement souffrant, invita ensuite ses hĂŽtes Ă  un apĂ©ritif oĂč de nombreuses rencontres, retrouvailles Ă©mouvantes et Ă©changes prometteurs s’effectuĂšrent. Le tout prouvant, s’il en est encore besoin, que le retour sur l’histoire est porteur d’avenir.